Marvel VS Capcom

Premier épisode estampillé Marvel vs Capcom mais 5ème opus de la saga initiée par Marvel, découvrons cet ultime opus des cross-over du CPS-2.

 

Grosse année pour la baston

Si, aujourd’hui, on serait tenté de croire que Marvel vs Capcom était le premier opus d’une saga qui existe encore actuellement (le 4ème épisode «Infinite» est le dernier en date à l’heure où j’écris ces lignes), on oublie un peu trop vite qu’il s’agit déjà là du 3ème cross-over entre des personnages de Marvel et de Capcom, après les très bons X-Men vs Street Fighter et Marvel Super Heroes vs Street Fighter. Les puristes affirmeront même que Marvel vs Capcom est le 5ème épisode de la série débutée avec X-Men : Children of the Atom, et ils auront parfaitement raison.

Malgré tout, c’est cette appellation Marvel vs Capcom qui a perduré. Est-ce juste à cause du côté simple et pratique du titre ou y a-t-il des raisons plus profondes ? Et bien c’est exactement ce que nous allons voir ensemble !

Le titre sort en 1998, toujours sur CPS-II, dans un contexte au moins aussi concurentiel que l’année précédente en arcade. Les jeux 3D voient croître leur popularité et ils sont de plus en plus beaux, à l’image de Street Fighter EX2, Rival Schools, Bloody Roar 2, Fighting Viper 2 et surtout Soulcalibur. Bien entendu, les rivaux de Marvel vs Capcom sont plutôt à chercher du côté des jeux 2D, et l’année s’annonce très concurentielle avec la sortie d’excellents titres chez SNK comme Real Bout Fatal Fury 2, King of Fighters ‘98, un des épisodes les plus populaires de la série (et mon préféré !) et surtout l’arrivée d’une grosse pelletée de titres au sein même de chez Capcom avec Jojo’s Ventures et Street Fighter III Second Impact sur CPS-III ainsi que le très attendu et très complet Street Fighter Alpha 3 sur CPS-II. Une sacrée année pour les fans de versus fighting !

  

Un modèle d’équilibre pour le casting

Allez, on lance le jeu, on zappe l’intro et on arrive sur l’écran de sélection des personnages. 15 combattants sont sélectionnables d’emblée… soit 2 de moins que dans le précédent opus ! Heureusement, le nombre ne fait pas tout, et, en regardant de plus près, on constate que seuls 8 personnages proviennent d’anciens opus, soit 7 nouveaux combatants encore jamais vus dans la série. Voila qui fait plaisir ! Autre bonne nouvelle, Ryu est désormais le seul personnage en kimono du casting ! Les fans de Ken et Akuma risquent de l’avoir mauvaise, mais on les rassurera un peu plus tard et, surtout, on apprécie de voir autant de variété dans cette sélection.

Côté «anciens», on retrouve les indispensables Ryu, Chun-Li, Wolverine, Spiderman, ainsi que Zangief,  Captain America, Hulk et Gambit, qui nous manquait beaucoup depuis X-Men vs Street Fighter ! Les nouvelles têtes de chez Capcom sont Morrigan de la série Darkstalkers, Captain Commando issu du beat’em all éponyme, Megaman la superstar de chez Capcom, Strider Hiryu le ninja du jeu du même nom et Jin, un pilote de mecha issu de Cyberbots, un autre beat’em all de Capcom, peu populaire par chez nous. Chez Marvel, on accueille Venom, l’ennemi le plus badass de Spiderman, ainsi que War Machine, qui est un vrai-faux nouveau puisqu’il s’agit en fait d’un color swap d’Iron Man, déjà présent dans Marvel Super Heroes. Mais bon, on ne va pas bouder son plaisir devant un casting si classieux, parfait équilibre entre persos connus mais indispensables, nouveaux venus et variété !

Comme nous y avait habitué Marvel Super Heroes vs Street Fighter, des personnages cachés sont également de la partie ! Là encore, il s’agit surtout de variantes de personnages existants. On retrouve Gold War Machine, Red Hulk, Red Venom, ainsi que Shadow Lady, une version complétement crackée de Chun-Li, Lilith (mais dans le corps de Morrigan) et Roll, la copine de Megaman.

À ce casting honnête, s’ajoutent 20 «special partners», des personnages de soutien que vous pourrez appeler à la rescousse en plein match. Même si ils ne sont pas jouables et n’apparaissent que ponctuellement, ils sont tous issus des univers Marvel et Capcom. Il peut s’agir de personnages déjà vus dans d’autres épisodes comme Magneto ou Juggernaut, mais beaucoup sont inédits et bon nombre d’entre eux sont très amusants, en particulier côté Capcom. Les fans de l’éditeur s’amuseront beaucoup à chercher ou à reconnaître les références !

Côté boss, on fait table rase du passé avec pour seul et unique boss Onslaught, un mix entre Magneto et le professeur Xavier. Celui-ci se révélera être particulièrement redoutable, en particulier dans sa seconde forme, aussi gigantesque que Apocalypse, mais beaucoup plus vif ! Un boss de fin vraiment réussi !

  

Bourré de références

Visuelement, Marvel vs Capcom tente de dépoussiérer la série en proposant un habillage global complétement refait. Si les sprites des personnages déjà existants reste identiques, toutes les interfaces, les menus et surtout les décors font peau neuve ! Si ces nouveaux environnements n’affichent pas forcément la beauté contemplative des décors de Street Fighter Alpha 2, ils sont bourrés de détails et de petites animations qui sont autant de clins d’oeils aux univers de Marvel et de Capcom ! Un vrai régal pour les fans. Mention spéciale au niveau des douches masculines qui, à force de trop bourriner le coin droit, laisse apparaître la partie réservé aux dames, visiblement effrayées par l’irruption de super combattants dans leur lieu de détente et d’intimité ! On prend encore les joueurs pour des geeks pervers, mais je dois avouer que ça me fait sourire !

Côté animation, on est pas déçu par Capcom et le constat est au moins aussi bon qu’avec les précédents opus : ça bouge vite et bien, même lorsque l’on a 4 personnages (voire plus !) et tout un tas d’effets spéciaux à l’écran. Le CPS-II a beau utiliser ses dernières cartouches, il est toujours très à l’aise avec la 2D, même complexe. L’ambiance sonore est du même acabit, avec des thèmes propres à chaque personnage toujours aussi entraînants, des impacts qui font le taf et des voix omniprésentent qui rendent les combats très vivants. Rien à redire !

 

Mécanique sans reproches

Niveau gameplay, pas grand chose de nouveau à signaler. Marvel vs Capcom reprend exactement celui de son prédécesseur, que ça soit au niveau des combats en 2 contre 2 en tag, des coups spéciaux, des combos ou des super. Même le mode easy introduit dans le précédent opus est de la partie et l’on constate seulement deux petites nouveautés.

La première se rapporte aux 20 personnages de soutien que nous avons vu plus haut. En effet, lorsque l’on fait poing moyen + pied moyen, ça n’est plus votre coéquipier qui vient donner un coup unique mais bel et bien votre «special partner», qui vous aura été affecté au hasard avant chaque match (ou que vous aurez choisi, si vous utilisez un cheat code). Chaque Special Partner (que l’on appelle aussi Striker) pourra être utilisé un nombre limité de fois et il ne pourra pas être blessé par votre adversaire. Voici une bonne idée pour rompre la monotonie des combats et donner juste ce qu’il faut d’élément aléatoire à ceux-ci. Dommage que certains Strikers abusés soient systématiquement choisis en netplay, à l’image de Psylocke.

La seconde nouveauté se trouve au niveau des supers. Désormais vous pouvez bénéficier d’un laps de temps vous permettant d’utiliser vos deux personnages simultanément ! Pendant ces quelques secondes, votre gauge de super est infinie et tous les mouvements que vous effectuez sont répercutés sur vos deux joueurs simultanément. Alors l’idée est plutôt sympa, mais en pratique, c’est très compliqué d’en profiter pour tirer quelque chose de constructifs. 9 fois sur 10, on se contentera de bourriner des quarts de cercle avec les 3 poings ! En plus du risque de cramer deux barres de super pour pas grand chose, le risque de cette technique est d’exposer aux coups adverses vos deux personnages en même temps ! Une semi bonne idée donc, mais que l’on est absolument pas obligé d’utiliser.

 

Couteau Suisse intégré

Une chose amusante pour terminer : sachez que le Ryu de Marvel vs Capcom est une véritable poupée russe ! En effet, si vous faites un demi-cercle arrière + poing moyen ou poing fort, votre kimono changera de couleur et vous bénéficierez respectivement de toute la palette de coups de Ken ou d’Akuma ! Pour revenir au «vrai» Ryu, faites un demi-cercle et petit poing ou attendez le prochain round. A noter que chaque transformation consomme une barre de Super tout de même ! En tout cas, voila une manière habille et économique de ne pas se priver totalement de deux personnages icôniques tout en proposant un Ryu hyper complet. Zangief suit la même logique en offrant la possibilité d’activer son blindage de Mecha Zangief.

 

Au top du top ?

Même si, sur le papier, Marvel vs Capcom ne révolutionne pas la série, il faut bien avouer que, manette en main, on prend un sacré pied ! Tous les défauts des deux précédents crossover sont effacés, le casting est plus éclectique que jamais, l’ambiance est autant héroïque qu’humoristique et le gameplay est toujours redoutablement efficace. Pour un oeil novice, Marvel vs Capcom peut ressembler à un joyeu bordel avec ses couleurs qui pètent de partout, ses personnages loufoques dans tous les sens et ses déluges d’effets en tous genre, mais pour celui qui aura suivi la série depuis ses débuts, Marvel vs Capcom sera l’épisode de la maturité et de la justesse.

Allez, pour faire genre, on pourra repprocher un certain déséquilibre au niveau des personnage, avec quelques nouveaux venus un poil abusés, à l’image de Captain Commando et Strider, peut-être un peu trop puissants (Strider dirigé par le CPU est juste infernal !).

   

La note du gros JYP : 

 

L’épisode de la maturité

Marvel vs Capcom réussit le pari d’être à la fois bordélique et parfaitement maîtrisé ! Un jeu qui redéfinit le fun dans la baston, sans aucun doute le meilleur épisode de la série à sa sortie.

 

Ma vidéo de Gameplay sur 1 credit, version Arcade:

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