Retour sur les 23H BD 2017

Petit débriefing de ma 3ème participation à cet événement qui devient de plus en plus incontournable !

Comme l’année précédente, je n’ai pas trouvé de regroupement proche de chez moi, c’est donc dans le calme et le confort de mon humble demeure que je vais passer ces longues heures à réfléchir, gribouiller et boire du café ! Ma charmante, patiente et compréhensive épouse a promis de s’occuper du petit, de refouler les intrus éventuels et de subvenir à mes besoins en nourriture, je suis comme un coq en pâte, comme en témoigne cette photo de mon espace de travail.

Mon petit cocon douillet pour les 17 prochaines heures, avec la machine à café à portée de main !

 

Comme l’an dernier et comme pour les 25H, je compte faire ma BD tout en numérique. En effet, l’expérience de l’édition 2015 m’a fait comprendre à quel point les outils numériques m’étaient devenus bien plus familiers que les traditionnels. Outre le côté pratique des corrections et des copier/coller, le dessin numérique me permet davantage de me rapprocher de ce que j’ai en tête, en particulier grâce aux formes calligraphiques permettant des pleins et des déliés que je suis incapable d’exécuter sans prise de tête à la plume ou au pinceau réel. La mise en couleur est également plus rapide et moins salissante sur l’ordinateur… même si je ne bosserai qu’en noir et gris (comme l’année passée).

13 h, le thème et la contrainte tombent. Etant à la maison et commençant à être habitué à l’événement, aucun signe de stress ou de fébrilité ne viens altérer mon humeur nonchalante. « 1,2,3.. Explorez ! » Mouais… C’est assez vague pour ne pas rester bloquer mais c’est surtout trop imprécis pour quelqu’un comme moi qui aime bien les thèmes tordus et contraignants. En parlant de contrainte, celle de cette année est « Durant une scène, les personnages doivent communiquer par gestes ». Ça peut être sympa !

Premiers gribouillis et idées lancées un peu au pif…

 

Comme d’hab, il me faut une bonne heure pour que quelque chose germe dans ma petite tête… Je gribouille des trucs qui n’ont rien à voir avec le thème, je bois des cafés, je traîne sur des sites… bref, j’essaye de m’imprégner du sujet sans réellement y penser. Je me remémore alors à l’édition 2015 où j’étais d’abord parti sur une histoire de morpions naufragés sur une zone du corps sans poils… Des morpions en exploration ? Pourquoi pas, mais ça sera forcément graveleux. C’est pas que ça me dérange, mais je me vois mal tenir 24 pages sur des histoire de zobs, de trous et de forêts vierges ! Je pense alors à une autre bestiole qui aime bien visiter des trucs plus ou moins propres : la mouche. Celles-ci viennent de faire leur retour avec les premières chaleurs et il y a fort à parier qu’elles iront bientôt coloniser les gamelles de nos 3 chats. En voila un bon point de départ ! Très vite, je décide de suivre un asticot en particulier plutôt que la mère pondeuse. Ma première idée est le découverte de cadavres humains par notre petite larve. J’imagine alors une scène de crime, une maison de l’horreur et, pourquoi pas, notre asticot qui devient détective à force d’explorer tous ces cadavres. Non… je n’arrive pas à rendre tout ceci cohérent. Je garde l’idée de l’asticot qui explore différents trucs (dont un cadavre… mais de souris) mais qui le fait pour le simple plaisir de la découverte et de l’exploration. Je trouve également assez vite la chute avec ce jeu de mot pas super original : « 1,2,3… Explosé ! ». Ok, j’ai mon idée de départ, ma fin, mais pas grand chose au milieu, sinon la scène en mime, que j’imagine déjà entre notre héros et un autre asticot. C’est un peu léger mais je commence le brouillon et le découpage.

La première page de mon storyboard. Oui, c’est très très sommaire !

 

Arrivé au bout de mon storyboard de fortune, je n’ai que 18 planches sur 24. Je vois qu’il est déjà presque 16h, je décide d’attaquer le dessin en comptant sur une éventuelle inspiration en cours de route pour m’aider à combler les 5 planches manquantes. Côté technique, j’imagine quelque chose de moins clean que mon style habituel. J’aimerais que l’on ressente les coups de crayon/pinceau, afin d’avoir plus de dynamisme tout en me permettant de dessiner vite et lisible. Je trouve donc un brush qui me convient dans Illustrator, à la fois granuleux, sensible à la pression du stylet et bien marqué. Parfait ! Je suis alors boosté à bloc, je teste mon nouveau style improvisé sur les 4 premières cases, je me la raconte sur les réseaux sociaux en publiant une photo « Work in Progress » et j’enchaîne les cases !

En jaune (c’est du fluo en vrai) le découpage des planches… que je change souvent !

 

Manque de bol, mon choix de brush n’était pas si judicieux que cela… En effet, une fois ma page un peu trop remplie de petits traits, le logiciel a beaucoup de mal à suivre ! Concrètement, cela ne se ressent pas par des saccades ou des ralentissements mais par l’absence de réaction du stylet lors de certains tracés ! En gros, seul la fin de mes formes étaient prises en compte, ce qui me donnait l’impression d’avoir un stylo à bille qui n’avait presque plus d’encre… vive le numérique ! Là, j’ai eu de gros gros doutes sur mes capacités à finir dans les temps, voire à finir tout court ! J’avais déjà fait beaucoup trop de planches pour recommencer avec un autre outil et je n’avais plus assez de temps pour me permettre de repartir sur une nouvelle base. Un peu fataliste et beaucoup jmenfoutiste, j’ai quand même insisté et j’ai repris mon rythme de croisière (après tout, il n’y a rien à gagner ou à perdre, je ne vais pas me rendre malade si je n’arrive pas à finir ma BD). Finalement, je me rend compte que mon souci de brush n’apparaît que sur quelques planches bien chargées et que je peux toujours contourner le souci en divisant mes cases en plusieurs fichiers. C’est plus long, mais plus confortable. 

Un brush Illustrator sympa, mais que j’éviterai à l’avenir !

 

Une fois la nuit tombée, la fatigue s’installant et sans aucun bruit dans la maison, l’ambiance devient surréaliste. Je ne sais plus trop pourquoi je dessine, je rigole comme un abruti à la moindre vanne que j’entend dans les films qui me tiennent compagnie mais je n’en suis pas moins efficace… au contraire ! J’enchaîne les planches comme un robot, ne rechignant à aucun détail ou coloriage qui m’auraient fait soupirer d’ordinaire. Une machine à dessiner ! Vers 2 h du matin, j’ai bouclé mes 18 planches, mais mon cerveau n’a pas eu l’occasion de me donner des idées pour celles qui manquent. J’essaye alors de trouver des planches « bouches-trou » pour rallonger la sauce. Je vais ainsi ajouter une première planche pour situer l’action, je vais détailler l’attaque de la souris par le chat et diviser les pages qui ont le plus de cases. Au final, j’arriverai bien à mes 24 planches, même si certaines scènes traînent un peu en longueur. Dernier moment de panique : je me rend compte que j’ai stupidement perdu le fichier d’une planche complète en l’écrasant par un autre… cette même planche que j’avais pris en photo pour me la péter sur Facebook ! Heureusement, elle était plutôt simple, avec pas mal de copiés/collés (la gamelle du chat) et j’ai ma fameuse photo Facebook pour la reproduire presque à l’identique. Après tout, on n’en n’est plus à une demi-heure près.

Cette tête de chat n’est pas la même que dans la BD finale… car entre temps, j’ai supprimé la planche par mégarde !

 

Après quelques retouches, vérifications et relecture, les fichiers sont prêts à être envoyés sur le site des 23H. J’aurai mon lapin d’or vers 6h40 ! Ouf, il était temps : je commençais à m’endormir lors de la conversion des fichiers Illustrator en JPG ! J’irai me coucher directement, sans même prendre le temps de laisser le lien vers ma BD sur les réseaux sociaux.

Au final, cette édition 2017 s’est à peu près déroulée comme la 2016, mais c’est toujours un plaisir que de relever ce défi qui me pousse à faire ce que j’ai du mal à m’imposer le reste de l’année : trouver des idées, les concrétiser, tenter de nouveaux trucs et finaliser le tout. Un excellent stimulant pour la créativité mais aussi pour la confiance en soi. En ce qui concerne ma BD, je suis un peu déçu de l’histoire, qui, au final, repose essentiellement sur sa chute et le côté crado des asticots mais je suis tout de même satisfait du rendu et de certains cadrages qui me sortent un peu de ma zone de confort. 

Comme chaque année, les organisateurs des 23H BD étaient adorables et très présents, en particulier sur FB dans le groupe privé dédié où chacun pouvait échanger ses conseils, ses problèmes, son humeur… Super ambiance même si, personnellement, une fois que j’étais pris dans le dessin, je ne voyais plus rien d’autre que mes planches ! Un coucou aussi aux membre du forum BD Amateur qui ont participé à l’événement avec leur bonne humeur habituelle ! 🙂

En attendant les 23h 2018, rendez-vous certainement pour les 25H 2017 ! 😉

Le fan-art réalisé le mois dernier pour l’événement.

 

Et pour rappel, voici les liens où l’on peut lire la BD : 

Le site officiel des 23H : https://www.23hbd.com/?pg=participation&pt=3574&an=2017

Ce blog (en HD !) : http://www.jypdesign.com/blog/?p=2651

Ma page Facebook : https://www.facebook.com/pg/jypeuxrien/photos/?tab=album&album_id=1373269042741046

 

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Commentaires: 3 commentaires

3 réactions sur “Retour sur les 23H BD 2017”

  1. J-Gab dit :

    un domicile douillet et la methode que tu connait, ca aide.
    l’idée finit par venir. tu a donc eu des petits soucis ( trou du storyboard et planche effacée ) mais au final ta bédé est rendue le matin toute jolie et l histoire marrante 🙂

  2. psychogore dit :

    sympa comme compte-rendu. Juste pour chipoter : l’expression correcte est « fratrie », et pas « fraterie ». (à moins que ce ne soit un effet de style pour le langage asticot mais j’en doute…)

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