Mortal Kombat 3 (arcade)

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Les MK s’enchaînent et ne se ressemble pas (trop). C’est maintenant au tour du 3ème opus, toujours en arcade, toujours en 2D mais toujours aussi fun ?

 

Insert coins

1995 : Les consoles 32 bit, Playstation en tête, ont débarqué, Capcom a usé la licence Street Fighter II jusqu’à la corde et s’oriente vers la saga Alpha/Zero, SNK sort son second King of Fighters et les jeux de combat 3D font de plus en plus d’ombre à leurs ancêtres. Autant dire que dans un tel contexte lors de sa sortie en arcade, Mortal Kombat 3 a intérêt d’envoyer du lourd si il veut tirer son épingle du jeu !

Ne résistant plus à l’appel de la borne où s’exhibe la femme de Shao Khan en petite tenue, on insert une pièce, on zappe l’intro qui nous conte une histoire cliché et on tombe directement sur l’écran de sélection des personnages. Le nombre de combattants passe de 12 à 14 (plus un perso caché jouable) dont la moitié est issue des précédents opus auxquels s’ajoutent 7 petits nouveaux. Parmi ces derniers, certains sont bien pensés, à l’image des cyborgs Cyrax et Sektor avec leur look à la Prédator, ou encore Sheeva, une sorte de Goro féminin en maillot de bain, il fallait oser ! D’autres sont plus banals comme Sindel ou Nightwolf, voire insignifiant, tel Stryker, d’une banalité affligeante. Bref, du bon et du moins bon en matière de chara-design, avec beaucoup de tenues de sport des années 90, ce qui est devenu une habitude dans la saga. On cherche son personnage préféré et… Mais… Mais… ?! Ils ont viré Scorpion ! Le personnage préféré de tant de joueurs, l’un des symboles de la franchise, le futur logo de NetherRealms Studios… envolé ! Heureusement, Sub-Zero est toujours là, dans une version non masqué un peu déroutante. Dès cet instant, on sent que ce Mortal Kombat aura une saveur différente.

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Choose your destiny !

Au niveau du challenge, nous avons une petite nouveauté puisqu’il est possible de choisir entre 3 difficultés : Novice, Warrior ou Master. Chacune est symbolisée, comme à l’accoutumée, par une tour que vous gravirez au fil de vos victoires. Selon le niveau choisi, vous aurez à vaincre 6, 8 ou 10 adversaires auxquel s’ajouteront les deux boss Motaro et Shao Khan. Le mode solo de MK2 nous donnait déjà du fil à retordre, celui de MK3 vous rendra certainement dingue ! Une fois les deux premiers adversaires vaincus sans trop de difficulté, vous aurez besoin de bien maîtriser votre personnage pour espérer poursuivre l’ascension ! La vitesse du jeu ayant encore une fois été revue à la hausse, vous n’aurez que très peu de temps pour prendre l’avantage ou contrer ce CPU fou furieux, toujours aussi stupide face à certaines techniques répétitives, mais diablement offensif ! Les deux boss, et en particulier Shao Khan, sont encore plus violents et il faudra vous accrocher et persévérer pour trouver les failles et espérer battre l’empereur d’OutWorld, même en novice ! Cet aspect « bouffe-fric » est très vite agaçant, frustrant et on en vient à regretter le CPU un peu con-con du tout premier Mortal Kombat.

En versus, une petite nouveauté fait son apparition : les Kombat Kodes. Des codes à entrer sous forme de symbole que vous découvrirez à l’écran du game over ou en fouillant sur le net (et surtout dans les magazines spécialisés à l’époque). Sorte d’Action Replay officiel et limité, ces codes permettent, par exemple, d’affronter Shao Khan, de réduire la vie de l’adversaire ou encore de désactiver la protection. Amusant sur console, compliqué à réellement utiliser en arcade, mais on ne peut que saluer l’initiative.

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Oui mais sinon, ça a de la gueule ?

Côté visuel, il y a du bon et du moins bon. Bien entendu, l’aspect réaliste des personnages issus de photos numérisées est toujours présent avec un rendu aussi propre que dans MK2 mais avec des sprites légèrement plus petits, à l’exception des boss, carrément monstrueux ! Même si cette baisse de taille reste mineure, il en résulte un manque global de détails sur les combattants, ce qui se ressent surtout au niveau des visages, beaucoup moins expressifs que dans MK2. Les décors quand à eux sont très propres, plus réalistes que dans le précédent opus, mais moins variés puisque limités à des environnements urbains. Les sprites s’y intègrent parfaitement et, détail amusant, sur certains environnements on peut désormais faire passer son adversaire à travers le plafond pour continuer le combat à l’étage supérieur. Original et plutôt jouissif ! L’animation est très bonne, certainement un cran au dessus de MK2, avec des effets plus détaillés lors des coups spéciaux (flou de mouvement, flammes, éclairs, fumée…). Les effets gore sont quand à eux étrangement ratés… Les gerbes de sang sont très proches de MK2 mais avec une couleur plus vive, plus « ketchup » et donc moins réaliste. Pire, les explosions de corps sont carrément bâclées et l’on peut y voir sans problème 7 fémurs, 3 bras et 2 crânes voler et tournoyer en l’air ! Certes, Mortal Kombat met en scène une violence kitch, fun et surréaliste, mais de là à faire de si grossières erreurs d’anatomie, on est en droit de pointer du doigt le laxisme des concepteurs.

Côté sonore, on retrouve avec plaisir les bruits de poings, de pieds, les ricanements de Shao Khan et les hurlements glaçants des vaincus. À cela s’ajoute une musique bien plus inspirée et présente que dans les précédents opus, étoffée d’effets de cloches ou de choeurs du plus bel effet, pour un résultat gothique à souhait, cherchant parfois l’inspiration du côté de chez Danny Elfman, on a vu pire comme référence !

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Et ça en a sous le stick ?

Souvent critiqué par les amateurs de jeux de baston, le gameplay des Mortal Kombat est rarement montrée en exemple, ce nouvel épisode déroge t-il à la règle ? Et bien sans être parfaite, la jouabilité est encore en nette progrès depuis Mortal Kombat II ! Grosse nouveauté de ce 3ème volet, le bouton « run » fait son apparition et sert, comme son nom l’indique, à courir en direction de l’adversaire. Attention, il ne s’agit pas là d’un simple dash ponctuel comme dans beaucoup de titres SNK, mais de la possibilité de traverser toute la zone de jeu en maintenant le bouton, jusqu’à épuisement de la jauge associée. Cette fonctionnalité sympathique vient compléter l’autre grosse innovation : les combos ! Même s’il était déjà possible d’en réaliser occasionnellement dans MK2, les combos sont désormais affichés à l’écran, ainsi que le pourcentage de dommage qu’ils ont occasionné, une excellente idée, utile à l’entraînement et qui aura son impact psychologique en versus. Ces combos obéissent à des combinaisons pré-établies qui laisseront peu de place au hasard et à la découverte personnelle, rendant leur utilisation un peu artificielle et mécanique. Ce sentiment est accentué par une animation un peu saccadée lors de l’enchaînement des coups et la frustration de voir son personnage rester immobile quelques frames, comme coupé dans son élan, si l’on loupe la séquence de touches. Ne boudons tout de même pas notre plaisir car l’ajout de ces combos est un réel atout qu’il vous faudra maîtriser pour espérer venir à bout du CPU. De plus, l’impact sonore des coups donnés est vraiment sympa et saura vous gratifier lors d’un combo correctement exécuté de bout en bout.

Pour le reste, on retrouve les fondements des premiers opus avec les éternels et immuables coups de base, uppercuts, balayettes, jabs, identiques pour tous les personnages. Là encore, ces derniers se démarqueront surtout par leurs coups spéciaux respectifs, mais également par les combos qui leur sont propres, ce qui nous fait doucement oublier l’aspect copié-collé des personnages.

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Et ça continue, en gore et en gore

Comme dans MK2, on retrouve 2 Fatalities, 1 Friendship et 1 Babality pour chaque personnage, 3 stages fatalites, mais aussi deux nouvelles façons d’achever votre adversaire : le Mercy et l’Animality. Comme vu précédemment, les fatalities sont globalement moins bien réussies que dans MK2. Elles partent souvent d’une bonne idée mais sont pour la plupart gâchées par une mise en scène à la va-vite qui nous font d’avantage penser à du découpage de sprites dans Photoshop qu’à une véritable exécution un peu crade. C’est d’autant plus dommage que certaines font preuve d’un humour décapant et bienvenu, à l’image de Liu Kang écrasant son adversaire sous une borne d’arcade de MK1, de Kabal montrant son horrible visage à mourir de peur ou de Jax, grandissant et écrasant le perdant, façon Duke Nukem. Preuve de cet humour plus présent, les Friendships sont, quand à eux, très bien mis en scène, avec des animation exclusive souvent très drôles (Kano mâchant du chewing-gum est excellent !). Si j’étais mauvaise langue, je serais presque tenté de dire que les Friendships sont plus réussis que les Fatalities… dommage qu’ils soient toujours aussi contraignants à placer puisque vous ne pourrez les déclencher que si vous n’avez pas utilisé le bouton block pendant tout le dernier round. Pour ce qui est du Mercy, il s’agit tout simplement d’une combinaison de touches commune à tous les personnages permettant de redonner quelques points de vie à votre adversaire au lieu de l’achever. Une façon de se la jouer grand seigneur en laissant une seconde chance à votre ennemi. Afin de pimenter la chose, il n’est possible de déclencher le Mercy que si chacun des deux joueurs a déjà perdu un round ; une bonne idée qui peut prolonger la tension de certains matchs épiques. Quand à l’Animality, il s’agit d’une fatality un peu particulière puisque votre personnage se transformera en animal avant de tuer votre adversaire. Une excellente idée sur le papier, complètement gâchée au final par les conditions d’exécution et la réalisation de celle-ci. En effet, vous ne pourrez effectuer une Animality qu’après avoir lancé un Mercy, ce qui implique d’avoir joué 3 rounds et d’avoir gagné après le Mercy. De plus, le résultat est globalement très décevant, avec des animaux à l’aspect lumineux et colorés, cernés d’un halo du plus moche effet, animés de façon médiocre ! Là encore ça sent la fonctionnalité ajouté un peu à l’arrache, mal développée, n’existant que pour la promo du titre et c’est vraiment dommage. A noter que le temps imparti pour exécuter les fatalities ou autre n’est que de quelques secondes, ce qui ne vous donne droit qu’à un seul essai ! Le timing était déjà court dans MK2, là il est carrément élitiste : seuls ceux qui ont la manipulation en tête et pensent à la placer juste après le dernier coup seront récompensés.

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Alors, mortel ou pas ?

Malgré une réalisation globale plus que correcte, j’ai beaucoup de mal à apprécier l’ambiance qui se dégage de Mortal Kombat 3. Difficile de mettre précisément le doigt sur ce qui cloche, mais le fait est que je ne ressens plus cette atmosphère oppressante et fascinante des premiers épisodes. Les décors sont probablement trop banals, les personnages pas assez flippants et l’humour, toujours plus présent, désamorce peut-être le côté sinistre. MK3 ça ressemble à MK, ça en a le nom, mais ça n’a plus la même saveur… un peu comme un soda light.

Alors oui, le gameplay est bien plus riche qu’avant, il y a d’avantage de personnages, le demi-boss est très réussi, j’aime bien les cyborgs et le jeu est globalement plein de bonnes et généreuses intentions. Il n’empêche que toutes ces qualités ne parviennent pas à me faire oublier Mortal Kombat II, plus simple mais maîtrisé de bout en bout. On sent comme un relâchement sur cet épisode (à l’image des Fatalities un peu bâclées et des Animalities carrément torchées) compensé par l’ajout de nombreuses fonctionnalités gadget. Mortal Kombat 3 reste un bon jeu, dont les lacunes annoncent une série de suites plus ou moins acceptables qui n’arriveront jamais, selon moi, à renouer avec l’excellence des touts débuts… en tout cas jusqu’en 2011 !

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La note du gros JYP : 3etoiles

 

Koup de mou

Sans être un mauvais jeu, Mortal Kombat 3 éprouve beaucoup de difficultés à maintenir la série au top.

 

Ma vidéo de Gameplay sur 1 credit :

 

Lire le test de Ultimate Mortal Kombat 3 >>

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