Mortal Kombat II (Arcade)

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Après le très grand succès populaire du premier Mortal Kombat, il était tout naturel que Midway propose rapidement une suite. À l’image des pauvres combattants déchus du jeu, nous allons voir ce que cet épisode 2 a dans le ventre.

 

Plongeon dans le grand bain (de sang)

Nous sommes en Novembre 1993, soit un peu plus d’un an après la sortie de MK1. Capcom vient de sortir Super Street Fighter II, quatrième déclinaison mais première grosse évolution de son jeu phare. Chez Midway, on préfère une vraie suite ou (presque) tout est revu, du casting aux sprites en passant par les décors et le scenario. Insérons donc une pièce et laissons-nous emporter par cette nouvelle ode à la baston kitch et au gore fun.

Même si je ne vais pas m’attarder dessus, le scénario de Mortal Kombat II est plus développé que celui de son prédécesseur. L’histoire nous est d’ailleurs agréablement contée via des illustrations propres et classes, on sent tout de suite que le titre a été travaillé dans les moindres détails. Le casting de cette passionnante fresque épique passe de 7 à 12 combattants. On retrouve 5 personnages du premier épisode (Kano et Sonya n’étant plus jouables mais visibles, enchaînés dans le stage de l’arène) auxquels s’ajoutent 6 petits nouveaux ainsi que Shang Tsung, le boss de MK1, capable de se transformer en n’importe quel autre combattant, voila qui est original et assez amusant. Les nouveaux boss sont Kintaro, un monstre à 4 bras proche de Goro et Shao Khan, l’empereur du lieu où se déroule l’action : l’Outworld (et accessoirement commentateur puisque c’est sa voix qui ponctuera tous vos combats).

La progression est toujours symbolisée par une sorte d’ascenseur (ici le long d’une montagne) mais il n’est plus question de bonus stage, de mirror match à un moment donné ou d’endurance, vous devez tout simplement vaincre les 12 adversaires ainsi que les 2 boss, dans un ordre défini en début de chaque partie. Le challenge est assez ardu, avec un CPU de plus en plus fort, devenant hyper frustrant en contrant tous vos coups spéciaux, mais se faisant avoir par des techniques moches et répétitives (je donne un coup de pied sauté, je recule, etc.). Une fois encore, on finira le jeu uniquement en usant de techniques bêtes et mécaniques, ce qui n’est absolument pas gratifiant. Heureusement, le versus contre un humain est vraiment sympa, une fois les parades aux « techniques de pute » connues. En solo comme en versus, au bout d’un certain nombre de victoires d’affilée, vous serez gratifié d’une sorte de trophée, ce qui est assez précurseur pour l’époque (bien que totalement inutile).

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Les tripes sur la table

Techniquement, on se rend tout de suite compte que le titre est bien plus propre et abouti que son prédécesseur, qui était déjà remarquable. L’aspect photoréaliste, propre à la série, est bien sûr toujours présent mais passe dans la catégorie suppérieure. Les sprites sont ainsi bien plus détaillés et cleans que dans le premier Mortal Kombat, on peut y discerner le plus petit pli de vêtement, le moindre relief de muscle ainsi que chaque expression du visage. On sent que les séances de capture des sprites avec les acteurs en live ont bénéficiées d’une attention particulière, avec l’utilisation habile d’éclairages contrastés et, très certainement, d’un meilleur matériel. Les décors quand à eux font un peu moins « photo » que dans Mortal Kombat, mais se révèlent plus colorés, plus fantaisistes et souvent plus vivants que dans l’épisode précédent, grâce à de nombreuses animations. Vous pourrez ainsi admirer des dragons par les fenêtres, des moines lévitant, tunique au vent ou des arbres à visages humains grimaçants. On est loin des décors remplis de foule agitée que l’on trouve chez Capcom et SNK mais les arrières-plans sobres et inquiétants de Mortal Kombat II collent parfaitement à l’ambiance et les personnages s’y intègrent très bien. Les animations sont globalement très bonnes même si l’on retrouve parfois ce côté un peu raide des coups, légèrement atténué par la vitesse du jeu, bien plus élevée que dans MK1.

Côté ambiance sonore, là aussi on reprend les bases et on les améliore. Les musiques sont toujours aussi sinistres et discrètes et ce sont principalement les cris des personnages, le bruit du sang projeté et la voix de Shao Khan qui rythmeront nos combats. La qualité des sons est également à la hausse avec des digits vocaux clairs et sans grésillements ; un sans fautes.

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Dissection du gameplay

Gros point noir du premier Mortal Kombat, le gameplay semblait avoir été mis un peu de côté au profit de l’ambiance. Sans aller jusqu’au bout de la démarche, Midway corrige un peu le tir sur ce second opus. Les boutons restent les mêmes ainsi que les coups de base, communs à tous les personnages, mais ils sont nettement plus rapides, précis et les chopes sont enfin exploitables, ne sortant plus « au coup de bol ». Les différents combattants ont enfin des particularités plus marquées grâce à des coups spéciaux un peu plus nombreux et d’avantage variés. En effet, nous pouvons désormais en réaliser beaucoup au sol ou en l’air (comme l’avait introduit Street Fighter II’ Turbo) auxquels s’ajoutent des coups spéciaux de type projection, dont certains sont, là aussi, réalisables en l’air. Les combos font également timidement leur apparition : sans être comptabilisés ni affichés, on se rend vite compte qu’il est possible d’enchaîner plus ou moins facilement 3 ou 4 coups, ce qui était impossible dans MK1. Sans révolutionner le gameplay, ces petits ajouts permettent à chaque personnage de se démarquer, à l’image de Kitana, personnage très complet, capable de combos dévastateurs (voire abusés dans les coins…). Ces timides, mais judicieuses, évolution de la jouabilité, associées à une animation plus rapide, offre des combats bien plus dynamiques que dans MK1. En revanche, la barre de vie semble toujours aussi courte, ce qui rend certains matchs très très expéditifs et donnent le sentiment frustrant de s’être pris une sacrée déculottée.  On est encore très loin de la richesse d’un Street Fighter II mais il faut saluer les efforts de Midway qui parvient à donner un second souffle à un gameplay un peu austère, sans pour autant le trahir.

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Attention, ça gicle !

L’ambiance de MK1 était excellente, celle de MKII est juste parfaite ! Tout d’abord, le fait de transporter l’action dans l’Outworld et non plus sur terre permet d’utiliser des décors plus fantaisistes, conférant une ambiance fantastique et épique au jeu. Ensuite, le gore ,qui a fait la réputation du jeu, est encore plus présent avec désormais 2 fatalités par personnage ainsi que 3 décors permettants de tuer votre adversaire ! Ces fatalités sont plus recherchées, plus gores et mieux réalisées que jamais ! Outre les classiques décapitations et crémations, on découvre avec plaisir la possibilité d’arracher les bras de son adversaire, de le découper en deux, de le faire exploser, de le dévorer ou encore de l’empaler vivant. Cela peut paraître bête et méchant (ça l’est sûrement !) mais ce florilège de morts violentes peut justifier à lui seul l’envie de jouer au jeu et de persévérer !

Preuve que l’on est dans une ambiance gore mais bon enfant, le titre est beaucoup moins sérieux avec l’ajout de Friendship, qui consistent à épargner votre adversaire tout en proposant une animation sympa (danser, signer un autographe, offrir un gâteau…) et de babalities, qui transformeront votre adversaire en… bébé ! Malheureusement, pour « finir » votre ennemi de cette façon, il vous faudra ne pas vous servir des boutons de coups de poings durant tout le dernier round. Une condition un peu farfelue, sans doute mise en place dans le but de gonfler artificiellement le challenge, mais qui, au bout du compte, sera abandonnée par la plupart des joueurs car trop contraignante.

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Adaptations et décapitations

En prélude au test du premier opus, j’avais volontairement joué au vieux rabat-joie puriste en privilégiant largement la version arcade du titre au détriment des adaptations consoles que je trouvais bien inférieures. Pour Mortal Kombat II, c’est différent : certes, la version arcade est bien plus agréable techniquement mais force est de constater que les adaptations consoles (en tout cas pour les 16 et 32 bit) sont tout à fait correctes ! Même si la Megadrive affiche, une fois de plus, une palette de couleurs réduite et pas mal de bruitages en moins, on retrouve le plaisir du jeu d’origine. Quand à la Super Nintendo, à part une résolution revue à la baisse, on est vraiment très proche de l’arcade, côté gore inclus (excepté pour l’anecdotique version japonaise). D’autres adaptations moins connues mais très proches de l’arcade valent le détour sur PC, Megadrive 32x, Saturn et Playstation (avec un bémol pour les chargements pour ces deux dernières). Les versions arcade des 3 premiers Mortal Kombat ont également été compilées dans une « Arkade Collection » sur PS3 et Xbox 360.

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Sang pour sang jouissif

On s’amusait beaucoup sur Mortal Kombat, on s’éclate vraiment sur Mortal Kombat II ! Techniquement, c’est un sans faute tant le rendu final est propre et soigné. Même à l’heure actuelle, je trouve qu’il n’a pas pris une ride et a su conservé un charme fou, basé sur une ambiance et une violence toujours plus poussée, faisant un peu oublier un gameplay largement perfectible. Véritable madeleine de Proust pour le vieux gamer que je suis, ce jeu m’évoque ce qu’il y a de si bon dans le jeu arcade 2D : un visuel classe et flashy, du plaisir immédiat et pas de fioritures. Même si c’est loin d’être le meilleur jeu de baston de l’époque, pour moi, c’est tout simplement l’épisode le plus réussi de la saga avec MK9 !

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La note du Gros JYP : 5etoiles

 

Kulte !

On va faire simple : c’est juste le meilleur des Mortal Kombat en 2D !

 

Ma vidéo de Gameplay sur 1 credit :

 

Lire le test de Mortal Kombat 3 >>

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