Ultimate Mortal Kombat 3 (arcade)

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On termine en douceur notre rétrospective des « vieux » Mortal Kombat avec le dernier épisode sorti en arcade : Ultimate Mortal Kombat 3, plus proche d’un add-on que d’une véritable suite.

 

Ultime bafouille

Moins d’un an après sa sortie, MK3 se voit donc doté d’une évolution, ce qui est une première pour la saga, mais une pratique courante chez la concurrence, en particulier Capcom qui a sorti pas moins de 5 versions de son hit Street Fighter II en 4 ans. Petite parenthèse sur le sujet et coup de gueule perso : non, ce n’est pas juste un coup de commerce et de la fainéantise de sortir « presque » le même jeu chaque année ! Vous pensez sérieusement que tous ces jeux se seraient vendus aussi bien s’il s’agissait de simples clones à peine évolués ? Alors certes, Capcom s’est probablement fait un sacré paquet de pognon en économisant sur le développement avec toutes ces déclinaisons de SF2, mais je peux vous assurer qu’elles apportent toutes des nouveautés et équilibrages plus que bienvenus, en particulier en versus, là où se trouve le réel intérêt de la série. Si SF2 et toutes ses versions sont encore joués en tournoi, ça n’est pas par hasard !

Bref, revenons à nos dragons et voyons ce qui change dans cette ultime édition de MK3. Tout d’abord, la grosse nouveauté du titre saute aux yeux avant même la sélection du joueur puisque vous pouvez désormais choisir votre mode de jeu. Le mode « Mortal Kombat » correspond à ce que l’on connaît depuis le début de la série, avec l’ajout d’un niveau de difficulté « master » et le retour des endurance à la manière de MK1, ce qui pimente un challenge déjà bien corsé. Le mode « 4 players 2 vs 2 » se déroule justement comme un match d’endurance où chaque joueur choisit 2 combattants qui se battront à la suite. Enfin, le mode « 8 players Tournament Kombat » offre la possibilité de participer à un tournoi à la manière des compétitions officielles de versus Fighting. De très bonnes idées donc, qui dépoussièrent un peu les bases de la série et oriente clairement ce titre vers le versus.

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You will never win !

Le mode solo est d’ailleurs encore plus difficile que celui de MK3 ! En gros, vous pourrez jouer « normalement » jusqu’à tomber contre Jade, qui vous mettra probablement une sévère dérouillée avec son rush invincible et ses combos à coups de bâton ! Bon courage aussi contre Shao Khan qui devrait vous faire engloutir des dizaines de crédits avant de se laisser tuer ! On a la désagréable sensation d’avoir osé tester un jeu réservé à « l’élite » de Mortal Kombat, ce qui ravira peut-être les fans mais laissera tous les autres sur la touche.

Nous arrivons à l’écran de sélection, le casting passe de 15 à 22 personnage (dont 3 déblocables) avec le grand retour de Scorpion ! Ouf, nous voilà rassurés, même si l’on peut le trouver un peu maigrichon et que l’on regrette qu’il ai amené avec lui tous ses potes ninjas (Reptile, Classic Sub-Zero et Ermac). Ces derniers sont d’ailleurs accompagnés de leurs copines ninjas (triplées elles aussi) : Kitana, Mileena et Jade, issues de MK2. Au final, on se retrouve avec 6 nouveaux personnages annoncés mais on constate qu’il n’y a en réalité que 2 nouveaux acteurs pour la réalisation des sprites… simple économie, fainéantise ou arnaque ? Heureusement, malgré leur ressemblance physique, ils savent se démarquer par leurs coups spéciaux , leurs combos et c’est un réel plaisir de retrouver la lance de Scorpion ou l’éventail de Kitana ! En ce qui concerne le gameplay, il est quasi identique à celui de MK3, avec quelques équilibrages bienvenus sur les anciens persos et l’ajout de nouveaux combos.

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Kopié/Kollé

Techniquement, tout ce qui était dans MK3 est ici identique, que ça soit des sprites ou des décors. Là où le constat est plus mitigé, c’est au niveau des nouveaux ajouts. Rien à redire sur les sprites des nouveaux personnages, de qualité équivalente aux autres, en revanche les nouveaux décors ne sont pas forcément convaincants avec leurs couleurs ternes et l’utilisation abusive d’images de synthèse un peu fades. Cela pourrait paraître anecdotique si ces nouveaux décors n’étaient pas systématiquement imposés au joueur pendant les 6 à 8 premiers matchs, donnant l’impression de joueur toujours dans les mêmes arrières-plans.

Lors de mon test de MK3, j’avais émis des objections sur la qualité de la réalisation des fatalities et animalities, soupçonnant les développeurs de les avoir bâclées. Ici c’est encore bien plus flagrant ! Les nouvelles fatalities sont peu inspirées, souvent moches et parfois presque insultantes : faire un fondu au noir lorsque Sub-Zero attrape la tête de son adversaire, ça n’est pas un effet de style, c’est juste du foutage de gueule ! Je n’ose même pas parler des animalities tant celles-ci sont d’une pauvreté extrême…. Plus de morphing, plus d’animaux lumineux pour coller à ceux de MK3, allez hop, on fout une flamme pour la transformation, on met un animal tout petit et tout moche, on le fait sauter ou courir vers l’adversaire, les deux sortent de l’écran et le tour est joué ! Quand on sait comme c’est compliqué de placer ce genre de finish, on aimerait voir nos efforts récompensés avec une animation un peu fun et un minimum bien réalisée ! Heureusement, les Friendships, sans être exceptionnels, sont corrects et ne dénotent pas avec ceux de MK3.

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Ultime ?

Certes, UMK3 remplit son rôle d’évolution en proposant de nouveaux personnages, un rééquilibrage global et surtout de nouveaux modes de jeu propices au versus et aux compétitions. Il n’empêche que, visuellement, la plupart des nouveautés peine à s’adapter au jeu sans dénaturer ce qu’était MK3, à l’image des nouveaux décors sur-représentés, de certains effets mal intégrés (la boule verte d’Ermac… beurk !) ou des animalities navrantes de médiocrité. Au final, on se retrouve avec un épisode un peu bancal, bien pensé sur le fond mais clairement bâclé dans sa forme, laissant au joueur un arrière-goût d’amateurisme de la part de Midway. On aurait préféré finir cette ère de la 2D avec plus de panache !

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La fin d’une époque mais le début d’une saga

Cet Ultimate Mortal Kombat 3 sera adapté (presque) tel quel sur console 16 bits et donnera naissance à Mortal Kombat Trilogy sur Playstation, Saturn et Nintendo 64. Cette dernière version aura comme principal intérêt de regrouper tous les personnages de la saga mais s’enfoncera encore plus dans la facilité avec une réutilisation telle quelle des anciens sprites et l’ajout de finishing moves encore plus bâclés que dans UMK3. Au final, un jeu bourré de bugs, d’incohérences , d’aberrations graphiques, plus proche de Mugen que d’un vrai jeu de baston.

En 3 épisodes (et demi), Mortal Kombat aura réussi à se faire une solide réputation dans le milieu déjà saturé du jeu de combat en proposant une ambiance unique à la violence sans limites. La série nous a également montré ses faiblesses récurrentes, ses limites et sa difficulté à renouveler l’intérêt suscité chez le joueur. Il est désormais temps pour l’équipe de Ed Boon et de John Tobias de faire repartir sa saga sur de nouvelles bases en prenant le train de la 3D en marche, mais ça, c’est une autre histoire !

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La note du gros JYP :  3etoiles

 

Evolution cheap

UMK3 apporte quelques ajouts intéressants pour le versus mais se voit plombé par la réalisation de ses nouveautés.

 

Ma vidéo de Gameplay sur 1 credit :

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